Une clinique continuiste

Que reste-t-il du modèle princeps de la névrose de Freud ? La névrose tendrait-elle à disparaître à cause du changement de nos sociétés ? De la relativisation des interdits ? De l’absence des références paternelles ? Ou est-ce les fondements de la névrose même qui sont remis en questions ? Peut-on  alors parler d’une clinique continuiste ?

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Cyprien Godebski : Portrait

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La Forclusion généralisée

Dans son premier enseignement, Jacques Lacan partait du postulat « N’est pas fou celui qui veut ». Il inventait son concept majeur « La forclusion du Nom-du-Père » : est fou celui qui n’a pu rencontrer dans sa petite enfance une fonction séparatrice tierce, paternelle ou autre (Cf : La pluralité des Noms-du-Pères)… Un « Signifiant Maître » sous lequel il ordonne sa jouissance.

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La Forclusion Généralisée… Peste !

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Une clinique en acte : la coupure

« Le Nom-du-Père ne tient plus le haut de l’affiche, la vérité n’est plus le fin mot, le son résorbe le sens, il n’est de trauma que de Lalangue, la jouissance prévaut sur le signifiant, l’interprétation vise la coupure sans négliger l’équivoque, une docilité à l’irréductible doit advenir »
Marc Lévy (psychiatre, psychanalyste, membre de
l’Ecole de la Cause Freudienne)

Premier acte d’un psychanalyste pour se dégager des « broderies du symbolique » (découverte d’un sens qui relance de nouvelles interprétations qui produit un nouveau sens, indéfiniment) : la « coupure ».

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Lacan : Une clinique du Réel

« La psychanalyse part toujours de l’association libre, des formations de l’inconscient et de l’interprétation du sens, mais pas pour s’y installer, pour viser le hors sens du Un auquel tout parlêtre est assujetti fondamentalement dans sa répétition » (Miller J.-A. « L’être et l’Un »).

Dès 1957 (Séminaire V : Les formations de l’inconscient) Lacan doit se résigner : sa tentative de tout faire passer sous le joug du symbolique (« l’inconscient est structuré comme un langage ») bute sur la pulsion. Dès lors on va assister, progressivement, au passage du symbolique au réel, du langage à la pulsion, jusqu’au triomphe de la jouissance sur le signifiant (Séminaire XX de 1973 : Encore).

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Lacan… Encore

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Introduction à une Clinique du Réel

Dans les dernières années de sa  » clinique du réel », Jacques Lacan pratiquait non seulement les séances à durée variable (motif des scissions de 1953 et 1963), des séances courtes mais aussi des « non séances » pourrait-on dire. A ce patient qui l’attend dans sa salle d’attente, il dit : -Vous êtes là… Moi aussi ! A la semaine prochaine.
Bien sûr il empoche le montant de la séance, bien sûr il attend son patient la semaine suivante… Et bien sûr son patient revient… Comment comprendre cette pratique ?
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Loczy où l’autonomie apprise aux nourrissons

L’institut Pikler, dit « Loczy », a été fondé dans les années 1930 à Budapest, Hongrie. Ses principes sont donc validés par plusieurs décennies de pratique. Pour le Dr Pikler, ce que l’institut doit offrir aux nourrissons, ce n’est pas un mode de vie ressemblant dans sa forme à une vie de famille, car ce serait illusoire. Les séparations inévitables, les déchirements et les deuils successifs rendront incapables, avec le temps, enfants comme adultes d’entrer dans une relation stable d’échanges et de confiance.Il est donc primordial de ne pas entretenir chez l’enfant l’illusion que l’adulte qui s’occupe de lui est sa mère. Et ne pas l’abandonner aux effets destructeurs des séparations qui suivent les élans passionnés et incontrôlés de sentiments d’amour possessifs.

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Les ateliers du Club de La Borde

À La Borde, le terme ateliers englobe, les activités artistiques, ludiques et corporelles, mais aussi les activités du quotidien, du ménage à la cuisine, aux présences dans les infirmeries. Chaque être humain est considéré comme un être singulier, et social, surtout s’il est désocialisé. Ces deux dimensions sont prises en compte dans le traitement. Car plus l’être humain souffre, plus il se renferme, sa maladie le coupe d’autrui et de la réalité. D’où l’importance du Club, de ses ateliers, de ses réunions, qui sont autant de lieux de rencontre… Rencontre avec une matière, une technique, d’autres personnes, étayée par la liberté de circulation; circulation d’un lieu à l’autre – inverse de l’errance – favorisant la circulation de la parole.

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Le Club thérapeutique de La Borde

« Lorsque des psychiatres, quelques années après la libération, ont proposé la création de Clubs de pensionnaires au sein des hôpitaux psychiatriques, cela a été comme une petite révolution : les malades mentaux, les fous pouvaient enfin acquérir une personnalité juridique collective. La création des Clubs a été une sorte de déclaration d’indépendance. Un nouvel interlocuteur s’interposait entre l’Administration, les infirmiers et le pouvoir médical. »
(F. Guattari, 1973, Le Club)

La clinique de La Borde est d’abord une Association 1901 où il ne s’agit plus d’être soigné ou soignant, mais avant tout « membre d’un Club ». Ce Club en question gère une quarantaine d’ateliers qui vont des plus classiques comme la peinture ou la poterie jusqu’à l’équitation ou le bar en passant par des ateliers de gestion même des affaires du Club. Ce Club s’articule avec des structures qui interagissent avec lui.

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La Clinique de La Borde

« Résistez à tout ce qui est concentrationnaire » (J. Oury, 1989).

En 1953, J. Oury ouvre la clinique de La Borde, un « groupe thérapeutique » au modèle d’organisation inspirée des expériences de F. Tosquelles à Saint Alban. Lutte contre l’aliénation sociale et mentale, le premier travail de désaliénation concerne l’outil thérapeutique : rotation des tâches, diversification des fonctions où soins et écoute sont l’apanage de tous. En effet, tout le personnel, du médecin au cuisinier, est formé à accueillir la parole du patient, et à y faire face par lui-même, complétant la prise en charge individuelle, singulière, par une personne fixe.

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