Loczy où l’autonomie apprise aux nourrissons

L’institut Pikler, dit « Loczy », a été fondé dans les années 1930 à Budapest, Hongrie. Ses principes sont donc validés par plusieurs décennies de pratique. Pour le Dr Pikler, ce que l’institut doit offrir aux nourrissons, ce n’est pas un mode de vie ressemblant dans sa forme à une vie de famille, car ce serait illusoire. Les séparations inévitables, les déchirements et les deuils successifs rendront incapables, avec le temps, enfants comme adultes d’entrer dans une relation stable d’échanges et de confiance.Il est donc primordial de ne pas entretenir chez l’enfant l’illusion que l’adulte qui s’occupe de lui est sa mère. Et ne pas l’abandonner aux effets destructeurs des séparations qui suivent les élans passionnés et incontrôlés de sentiments d’amour possessifs.

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Les ateliers du Club de La Borde

À La Borde, le terme ateliers englobe, les activités artistiques, ludiques et corporelles, mais aussi les activités du quotidien, du ménage à la cuisine, aux présences dans les infirmeries. Chaque être humain est considéré comme un être singulier, et social, surtout s’il est désocialisé. Ces deux dimensions sont prises en compte dans le traitement. Car plus l’être humain souffre, plus il se renferme, sa maladie le coupe d’autrui et de la réalité. D’où l’importance du Club, de ses ateliers, de ses réunions, qui sont autant de lieux de rencontre… Rencontre avec une matière, une technique, d’autres personnes, étayée par la liberté de circulation; circulation d’un lieu à l’autre – inverse de l’errance – favorisant la circulation de la parole.

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Le Club thérapeutique de La Borde

« Lorsque des psychiatres, quelques années après la libération, ont proposé la création de Clubs de pensionnaires au sein des hôpitaux psychiatriques, cela a été comme une petite révolution : les malades mentaux, les fous pouvaient enfin acquérir une personnalité juridique collective. La création des Clubs a été une sorte de déclaration d’indépendance. Un nouvel interlocuteur s’interposait entre l’Administration, les infirmiers et le pouvoir médical. »
(F. Guattari, 1973, Le Club)

La clinique de La Borde est d’abord une Association 1901 où il ne s’agit plus d’être soigné ou soignant, mais avant tout « membre d’un Club ». Ce Club en question gère une quarantaine d’ateliers qui vont des plus classiques comme la peinture ou la poterie jusqu’à l’équitation ou le bar en passant par des ateliers de gestion même des affaires du Club. Ce Club s’articule avec des structures qui interagissent avec lui.

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La Clinique de La Borde

« Résistez à tout ce qui est concentrationnaire » (J. Oury, 1989).

En 1953, J. Oury ouvre la clinique de La Borde, un « groupe thérapeutique » au modèle d’organisation inspirée des expériences de F. Tosquelles à Saint Alban. Lutte contre l’aliénation sociale et mentale, le premier travail de désaliénation concerne l’outil thérapeutique : rotation des tâches, diversification des fonctions où soins et écoute sont l’apanage de tous. En effet, tout le personnel, du médecin au cuisinier, est formé à accueillir la parole du patient, et à y faire face par lui-même, complétant la prise en charge individuelle, singulière, par une personne fixe.

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La Psychothérapie institutionnelle ou l’exigence de la transversalité

« Je pense qu’il nous faut particulièrement insister sur ces faits : que nous sommes des psychothérapeutes et non des zoologistes ; que nous avons à faire à des hommes, malades ou non, donc à des êtres qui se distinguent des animaux parce qu’ils sont doués de la parole ; que cette parole est notre instrument de travail, du fait même qu’elle nous constitue foncièrement et nous situe dans le monde. » J. Oury (www.laborde)

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié des patients hospitalisés dans les hôpitaux psychiatriques français (40 000) sont morts de faim ou de privations. Des psychiatres (F. Tosquelles, L. Bonnafé, G. Daumézon, P. Koechlin, J. Oury…) vont repenser la psychiatrie. Il s’agit d’utiliser la vie en communauté pour aider les malades à renouer des liens sociaux et retrouver le «contact vital avec la réalité». Ils proposent la psychothérapie institutionnelle comme méthode d’analyse et de traitement du milieu psychiatrique.

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Pour respecter tout le monde, on ne tient compte de personne !

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Enseigner le respect ?

On ne tient compte de personne ! A quelle heure, quel âge, à partir de combien de mois, d’années… L’institution prend-elle en compte les demandes de ses usagers ? Ecoles, hôpitaux, orphelinats… Les institutions organisent leur fonctionnement sans l’avis des personnes concernées. Dans un cadre fixe elles fonctionnent sans être perturbées par la singularité de chacun. « Pour respecter tout le monde, on ne tient compte de personne ! » telle est la devise. Continuer la lecture de « Pour respecter tout le monde, on ne tient compte de personne ! »

Maternage des institutions : Un ravage !

« Tout ce que tu fais pour la personne sans la personne, tu le fais contre la personne » est un principe et une critique du fonctionnement de la plupart de nos institutions qu’elles soient de soins, de formations, d’accueils, politiques… Ayant étudié, en situation de pratique professionnelle, plusieurs institutions (C.M.P. adultes, hôpital psychiatrique d’adolescents, I.M.E. pour personnes en situation de polyhandicap, Foyer de l’enfance…), on s’aperçoit vite que le « service rendu » est au prix d’un maternage engloutissant, ce que Jacques Lacan a pu appeler un ravage !

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Masaccio, Vierge à l’Enfant ou Vierge de la chatouille, Florence

Le trait commun de ces institutions, c’est l’absence d’écoute des usagers selon le principe « Pour respecter tout le monde, on ne tient compte de personne ! ». Gratuit, infantilisant, sur-handicapant… « Chosifier » l’autre, contester la singularité de ses désirs, n’est-ce pas chosifier l’institution elle-même, empêcher toute rencontre… Finalement se nier soi-même ?

Des vidéos prises sur le vif des ateliers et conférences sont disponibles sur la chaîne :  Jean Godebski – You Tube