Le Passe-Port … Entre Poésie et Psychanalyse

« Le Passe-Port … Entre poésie et psychanalyse » est un livre-entretien de Christiane Anglès Mounoud et Jean Godebski avec Paule Plouvier.

« La poésie vous amène à entendre la langue dans sa jouissance propre selon celui qui la reçoit. Si vous voulez, il faut être deux toujours, même trois, il y a le poème, il y a celui qui l’a écrit et puis il y a celui qui écoute… En psychanalyse c’est un peu la même chose, il y a celui qui parle sur le divan, celui qui écoute et entre eux ces univers de symboles à travers lesquels on arrive, je ne dis pas à se rejoindre, mais à se croiser. Je ne crois pas qu’on se rejoigne en psychanalyse, je crois qu’on se croise, ce n’est pas pareil, un croisement n’est jamais définitif, c’est tout et c’est rien, c’est un point, c’est ponctuel. C’est un point qui peut vous donner la vie, c’est un point qui peut vous donner la mort. Mais rien ne s’arrête, rien ne se fige, voilà pourquoi il m’est difficile de parler de psychanalyse, je ne peux que témoigner de la façon dont je pratique, dont j’écoute… » P.P.

Passe-port-Plouvier-Mounoud-Godebski-poésie-psychanalyse
Le Passe-Port

Continuer la lecture de « Le Passe-Port … Entre Poésie et Psychanalyse »

La fonction paternelle

A quoi sert un père ? Nous n’allons pas reprendre, de Freud à Lacan en passant par Mélanie Klein, Winnicott ou Bion, tous les développements sur la fonction paternelle. Mais plutôt, expliciter brièvement à partir de la théorie de Jacques Lacan le rôle de l’objet phallique et de la métaphore paternelle dans le complexe d’Œdipe et de castration.

L’enfant des hommes naît deux fois. Une première fois au monde des vivants, une seconde au monde du langage et de la culture. De l’une à l’autre naissance s’interpose le nom, la figure et l’office du Père. Freud théorise la fonction paternelle comme fondamentale et universelle, celle d’interdire l’impossible fusion mère-enfant.

Continuer la lecture de « La fonction paternelle »

La crise du père

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’évolution se précipite et le père voit s’étioler son rôle de chef de famille. Travail des femmes, maîtrise de la fécondité (la pilule à partir de 1967), dépénalisation de l’avortement (1975), les femmes ont alors la liberté d’enfanter ou non. Elles sont responsables de leur maternité, mais aussi de la paternité de leur partenaire. Et l’Etat providence prévoit une allocation pour les familles monoparentales. Mais l’attaque frontale de l’autorité paternelle, c’est Mai 68. Refus de l’autorité (« il est interdit d’interdire »), rêve d’abolir les différences de générations et de sexes. Intellectuelles féministes, philosophes et sociologues dénoncent le patriarcat, la domination abusive des pères, source originelle de toute oppression. Dans ce discours, le père est assimilé au mieux à un patron, au pire à un esclavagiste. Le père « copain » est sommé de déposer une autorité jugée anachronique.

crise-du-père-psychanalyste-godebski-nîmes-gard
Cyprien Godebski Portrait

Continuer la lecture de « La crise du père »

Le Réel

Pour Freud, le réel était comme la libido, une énergie constante. Pour Lacan, le réel, exclu du symbolique, est hors sens. C’est un réel traumatique : ce qui n’a pu être assimilé, ce qui est inassimilable, hors mot, se répète et fait symptôme. « Le noyau de jouissance est réel » (J.-A. Miller, 2011). La rencontre d’un événement de jouissance comme le langage est traumatique.

Lacan-Le Réel/godebski-psychanalyste-psy-nimes.fr
Le Réel c’est Dieu ?

Continuer la lecture de « Le Réel »

Lacan … La jouissance

Lacan avait distingué la jouissance phallique (ou œdipienne, reliée à l’Autre et à l’interdit) et la jouissance féminine (jouissance du corps, réelle, hors-sens). La jouissance non œdipienne n’est pas dialectisée, contrairement à la jouissance œdipienne qui doit d’abord être frustrée, refusée (d’où l’importance de la loi, de l’interdit comme déclencheur de jouissance… Lacan avait fait un parallèle entre jouissance et péché dans les textes mystiques !). J.-A. Miller généralise la jouissance féminine à tout parlêtre. Ce n’est pas évident de se la représenter car, par définition, elle est irreprésentable. Ce qui est à cerner c’est l’au-delà du père, de l’interdit, de la loi… L’au-delà du langage !

lacan-jouissance-godebski-psychanalyste-psy-nimes
La jouissance au-delà du langage…

Continuer la lecture de « Lacan … La jouissance »

Seul peut-être … Mais peinard !

« Seul peut-être … Mais peinard » est la quatrième partie de la conférence « Passions et solitude… », après « Un abandonnique … Corbleu ! », « Structure abandonnique… Un fantasme ? » et « Abandonniques… Mais pas trop ! ». Nous reprenons ici l’impossibilité de traverser le ravage pour une fille, de tuer le père pour le garçon… Le For Da revisité… Le transgénérationnel qui est peut être au final cause de tout… Les passions à répétitions et cette conclusion, inévitable ( ?) : Seul peut-être mais peinard… Saperlotte.

Seul-peinard-abandonnique-godebski-psychanalyste-nimes-gard
.    Matisse : La chute d Icare

Continuer la lecture de « Seul peut-être … Mais peinard ! »

Une clinique continuiste

Que reste-t-il du modèle princeps de la névrose de Freud ? La névrose tendrait-elle à disparaître à cause du changement de nos sociétés ? De la relativisation des interdits ? De l’absence des références paternelles ? Ou est-ce les fondements de la névrose même qui sont remis en questions ? Peut-on  alors parler d’une clinique continuiste ?

Clinique-continuiste-Lacan-Godebski-Psychanalyste-nimes
Cyprien Godebski : Portrait

Continuer la lecture de « Une clinique continuiste »

La Forclusion généralisée

Dans son premier enseignement, Jacques Lacan partait du postulat « N’est pas fou celui qui veut ». Il inventait son concept majeur « La forclusion du Nom-du-Père » : est fou celui qui n’a pu rencontrer dans sa petite enfance une fonction séparatrice tierce, paternelle ou autre (Cf : La pluralité des Noms-du-Pères)… Un « Signifiant Maître » sous lequel il ordonne sa jouissance.

Forclusion-généralisée-lacan-Godebski-psychanalyste-nimes
La Forclusion Généralisée… Peste !

Continuer la lecture de « La Forclusion généralisée »

Une clinique en acte : la coupure

« Le Nom-du-Père ne tient plus le haut de l’affiche, la vérité n’est plus le fin mot, le son résorbe le sens, il n’est de trauma que de Lalangue, la jouissance prévaut sur le signifiant, l’interprétation vise la coupure sans négliger l’équivoque, une docilité à l’irréductible doit advenir »
Marc Lévy (psychiatre, psychanalyste, membre de
l’Ecole de la Cause Freudienne)

Premier acte d’un psychanalyste pour se dégager des « broderies du symbolique » (découverte d’un sens qui relance de nouvelles interprétations qui produit un nouveau sens, indéfiniment) : la « coupure ».

Continuer la lecture de « Une clinique en acte : la coupure »