Le Club thérapeutique de La Borde

« Lorsque des psychiatres, quelques années après la libération, ont proposé la création de Clubs de pensionnaires au sein des hôpitaux psychiatriques, cela a été comme une petite révolution : les malades mentaux, les fous pouvaient enfin acquérir une personnalité juridique collective. La création des Clubs a été une sorte de déclaration d’indépendance. Un nouvel interlocuteur s’interposait entre l’Administration, les infirmiers et le pouvoir médical. »
(F. Guattari, 1973, Le Club)

La clinique de La Borde est d’abord une Association 1901 où il ne s’agit plus d’être soigné ou soignant, mais avant tout « membre d’un Club ». Ce Club en question gère une quarantaine d’ateliers qui vont des plus classiques comme la peinture ou la poterie jusqu’à l’équitation ou le bar en passant par des ateliers de gestion même des affaires du Club. Ce Club s’articule avec des structures qui interagissent avec lui.

La remise en question des oppositions binaires intérieur/extérieur, privé/public, soignant/soigné permettent la création d’outils de travail de la conflictualité tant du point de vue individuel que collectif. La possibilité de l’établissement de s’adapter à la singularité de chacun de ses habitants aussi bien payants que payés dépend directement de cette fonction « Du Club ». On pourrait dire que la condition d’existence du Club en tant qu’outil de désaliénation repose sur la potentialité de l’établissement à développer dans ces structures même cette fonction. Il est très important de mettre en place la possibilité d’une réflexion permanente collective.

Le Club est un opérateur de désordre, il vient compliquer la donne en bouleversant l’ordre établi. C’est un générateur de conflits qui vient « s’interposer entre l’Administration, les infirmiers et le pouvoir médical ». Le Club sert de support à toute psychothérapie. Mais il n’a de sens que s’il n’est pas branché directement sur la demande ou dans le désir du médecin, il doit avoir une existence autonome, indépendante de tout système d’exploitation. Sa gestion est prise en charge par les malades eux-mêmes suivant un système démocratique d’élection : président, secrétariat, etc. Les infirmiers, le personnel de l’hôpital, participent également, mais ils ne doivent pas avoir la majorité. Le Club doit être une vraie société et non une sorte d’artefact comme certains ateliers dits ergothérapiques ou «les laboratoires sociaux »

(Extraits de « Tout ce que tu fais pour la personne sans la personne,
tu le fais contre la personne » J. Godebski, L’Harmattan 2015)

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Affiche XVIèmes Rencontres de la Criée

Des vidéos prises sur le vif des ateliers et conférences sont disponibles sur la chaîne :  Jean Godebski – You Tube

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