Le Réel

Pour Freud, le réel était comme la libido, une énergie constante. Pour Lacan, le réel, exclu du symbolique, est hors sens. C’est un réel traumatique : ce qui n’a pu être assimilé, ce qui est inassimilable, hors mot, se répète et fait symptôme. « Le noyau de jouissance est réel » (J.-A. Miller, 2011). La rencontre d’un événement de jouissance comme le langage est traumatique.

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Le Réel c’est Dieu ?

En analyse, pour aborder ce réel du symptôme, il faut modifier notre appréhension du symbolique, l’attraper à un autre niveau que le langage de la communication (le langage de l’Autre)… Pour celui de l’Un. C’est un langage réduit à sa matérialité, aux lettres de l’alphabet : une lettre coupée du sens, un signifiant coupé de tout autre signifiant.

Dans son dernier enseignement, Lacan cerne la disjonction du sens et du réel. Là est l’os du symptôme, le sinthome. En fin d’analyse, une fois les signifiants éliminés, cette clinique s’élabore à partir de chaque dimension R.S.I. avant même leur nouage. C’est-à-dire du vivant avant la rencontre du langage… Ce qui est impossible ! La question est alors de manier les lettres au-delà du sens, par une « pratique sans vérité » (J.-A. Miller), afin d’atteindre la rencontre initiale du langage et du corps, du signifiant et de la jouissance… Un travail sur le langage singulier de L’Un, sur la Lalangue.

La fin de la cure Lacanienne classique est une « traversée du fantasme » comme écran qui masque le réel (le trou, le vide, le non sens de toute vie !). C’est aussi une ouverture au réel, où l’accès au vide, l’acceptation d’un vide, donne place à une « création », une façon nouvelle de « savoir y faire » avec sa jouissance. Passer du fantasme au sinthome, c’est laisser le registre du désir – du symbolique, du sens, de la vérité – pour la jouissance du corps, hors sens. Si le fantasme est cause de désir en tant que savoir, la jouissance elle, reste rebelle à tout savoir.

L’objet a (objet « cause du désir »), découpe dans le réel (bout de hors sens, de vide), est le point nodal de la connexion réel/symbolique. Il est « le noyau élaborable de la jouissance » (J.-A. Miller, 2005, cours n°6). Passant de l’imaginaire au réel, débarrassé du fantasme, du savoir, l’objet a n’est plus qu’un trou, un manque… qui appelle le désir et fait donc aussi nouage des trois dimensions R.S.I. du parlêtre.

(Extrait de « Le tout dernier enseignement de Lacan »
J. Godebski, L’Harmattan 2015)

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« Le tout dernier enseignement de Lacan »

« Comment la psychanalyse peut-elle opérer en tant que pratique du sens, sur ce qui en est exclu ? » (J. Lacan 1977, S. XXIV)

Des vidéos prises sur le vif des ateliers et conférences sont disponibles sur la chaîne :  Jean Godebski – You Tube

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