Le Réel

Pour Freud, le réel était comme la libido, une énergie constante. Pour Lacan, le réel, exclu du symbolique, est hors sens. C’est un réel traumatique : ce qui n’a pu être assimilé, ce qui est inassimilable, hors mot, se répète et fait symptôme. « Le noyau de jouissance est réel » (J.-A. Miller, 2011). La rencontre d’un événement de jouissance comme le langage est traumatique.

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Le Réel c’est Dieu ?

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Lacan … La jouissance

Lacan avait distingué la jouissance phallique (ou œdipienne, reliée à l’Autre et à l’interdit) et la jouissance féminine (jouissance du corps, réelle, hors-sens). La jouissance non œdipienne n’est pas dialectisée, contrairement à la jouissance œdipienne qui doit d’abord être frustrée, refusée (d’où l’importance de la loi, de l’interdit comme déclencheur de jouissance… Lacan avait fait un parallèle entre jouissance et péché dans les textes mystiques !). J.-A. Miller généralise la jouissance féminine à tout parlêtre. Ce n’est pas évident de se la représenter car, par définition, elle est irreprésentable. Ce qui est à cerner c’est l’au-delà du père, de l’interdit, de la loi… L’au-delà du langage !

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La jouissance au-delà du langage…

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Une clinique continuiste

Que reste-t-il du modèle princeps de la névrose de Freud ? La névrose tendrait-elle à disparaître à cause du changement de nos sociétés ? De la relativisation des interdits ? De l’absence des références paternelles ? Ou est-ce les fondements de la névrose même qui sont remis en questions ? Peut-on  alors parler d’une clinique continuiste ?

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Cyprien Godebski : Portrait

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La Forclusion généralisée

Dans son premier enseignement, Jacques Lacan partait du postulat « N’est pas fou celui qui veut ». Il inventait son concept majeur « La forclusion du Nom-du-Père » : est fou celui qui n’a pu rencontrer dans sa petite enfance une fonction séparatrice tierce, paternelle ou autre (Cf : La pluralité des Noms-du-Pères)… Un « Signifiant Maître » sous lequel il ordonne sa jouissance.

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La Forclusion Généralisée… Peste !

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Une clinique en acte : la coupure

« Le Nom-du-Père ne tient plus le haut de l’affiche, la vérité n’est plus le fin mot, le son résorbe le sens, il n’est de trauma que de Lalangue, la jouissance prévaut sur le signifiant, l’interprétation vise la coupure sans négliger l’équivoque, une docilité à l’irréductible doit advenir »
Marc Lévy (psychiatre, psychanalyste, membre de
l’Ecole de la Cause Freudienne)

Premier acte d’un psychanalyste pour se dégager des « broderies du symbolique » (découverte d’un sens qui relance de nouvelles interprétations qui produit un nouveau sens, indéfiniment) : la « coupure ».

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Lacan : Une clinique du Réel

« La psychanalyse part toujours de l’association libre, des formations de l’inconscient et de l’interprétation du sens, mais pas pour s’y installer, pour viser le hors sens du Un auquel tout parlêtre est assujetti fondamentalement dans sa répétition » (Miller J.-A. « L’être et l’Un »).

Dès 1957 (Séminaire V : Les formations de l’inconscient) Lacan doit se résigner : sa tentative de tout faire passer sous le joug du symbolique (« l’inconscient est structuré comme un langage ») bute sur la pulsion. Dès lors on va assister, progressivement, au passage du symbolique au réel, du langage à la pulsion, jusqu’au triomphe de la jouissance sur le signifiant (Séminaire XX de 1973 : Encore).

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Lacan… Encore

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Introduction à une Clinique du Réel

Dans les dernières années de sa  » clinique du réel », Jacques Lacan pratiquait non seulement les séances à durée variable (motif des scissions de 1953 et 1963), des séances courtes mais aussi des « non séances » pourrait-on dire. A ce patient qui l’attend dans sa salle d’attente, il dit : -Vous êtes là… Moi aussi ! A la semaine prochaine.
Bien sûr il empoche le montant de la séance, bien sûr il attend son patient la semaine suivante… Et bien sûr son patient revient… Comment comprendre cette pratique ?
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La jouissance

Un traumatisme c’est ce que nous répétons sans cesse (Le langage par exemple est un traumatisme. Nous parlons sans cesse ! Pourquoi ?). Pourquoi répétons-nous les mêmes échecs, les mêmes histoires bancales, les mêmes maux… Parce que cela nous fait jouir ! Il faut entendre jouir ici, en psychanalyse, en positif comme en négatif : ce qui nous impacte, ce qui, pour nous, est important, nous fait vibrer (un chagrin d’amour en est l’exemple type). Nous répétons sans cesse car notre inconscient choisit la jouissance même douloureuse (même mortelle !) : tout plutôt que le vide, le « ça n’a aucun sens », le trou du Réel.

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© Géraldine Georges/ Colagene pour Philosophie Magazine Continuer la lecture de « La jouissance »

Le délire généralisé

Dans son premier enseignement, Jacques Lacan écrit : « N’est pas fou qui veut ». Il sépare le délire, la folie (structure psychotique ou des pans de réalité manquent) à une « normalité » (la structure névrosée qui admet le complexe d’Œdipe (l’apparition d’un tiers (le père ?) qui fait coupure !), c’est-à-dire accepte d’être un être humain singulier, séparé de sa mère, de l’Autre qui le comble… d’être manquant (Le roc de la castration).
Dans le tout dernier Lacan il n’y a pas d’accès à la réalité, au Réel. Car le Réel, le monde qui nous entoure, nos existences… N’ont pas sens ! Mais l’être humain en a besoin (les « illusions nécessaires » disait Freud), donc il crée un sens à sa vie (Dieu, le travail, la famille, l’amour, avoir de l’argent… être psychanalyste !)… Tous le monde délire ! (Lacan a pris deux exemple de délires caractérisés : Le catholicisme et son propre enseignement !).

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Les délirants Marx Brothers Continuer la lecture de « Le délire généralisé »

Le tout dernier enseignement de Lacan ?

Le tout dernier enseignement de Lacan s’appuie sur le nœud borroméen qui noue trois dimensions : Symbolique (les mots), Imaginaire (les images) et Réel. Le Réel est ce qui échappe au Symbolique et à l’Imaginaire… Hors sens, il peut être vu comme le zéro, le trou, le vide qui permet le manque, le désir…Qui permet à l’imaginaire de se déployer, se renouveler.

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