Lacan : Une clinique du Réel

« La psychanalyse part toujours de l’association libre, des formations de l’inconscient et de l’interprétation du sens, mais pas pour s’y installer, pour viser le hors sens du Un auquel tout parlêtre est assujetti fondamentalement dans sa répétition » (Miller J.-A. « L’être et l’Un »).

Dès 1957 (Séminaire V : Les formations de l’inconscient) Lacan doit se résigner : sa tentative de tout faire passer sous le joug du symbolique (« l’inconscient est structuré comme un langage ») bute sur la pulsion. Dès lors on va assister, progressivement, au passage du symbolique au réel, du langage à la pulsion, jusqu’au triomphe de la jouissance sur le signifiant (Séminaire XX de 1973 : Encore).

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Lacan… Encore

A partir de ce séminaire XX, Lacan remanie tous ses concepts fondamentaux : le langage se condense en Lalangue, l’inconscient à une part de réel, l’imaginaire mute sur le corps et le symptôme se réduit au sinthome (S.XXIII). Toutes les perspectives s’en trouvent bouleversées.

Là où le langage a un effet de castration, Lalangue fait jouir. Le corps n’est plus seulement l’image du miroir, mais ce qui « se jouit », notamment par l’impact du signifiant. Le symptôme est donc la conséquence de cet impact de Lalangue sur le corps. De Lalangue (et non du langage) car elle est asyntaxique et asémantique. Lacan l’a définie comme « événement de corps ».

Cet événement de corps est un véritable traumatisme, une jouissance, effraction du réel indéchiffrable qui ne trouve sa place dans aucun savoir. Là où ça ne parle à personne, là où ça n’a aucun sens (contrairement au lapsus ou à l’acte manqué), là est l’événement de corps, événement de jouissance incurable, opaque et ineffaçable, hors sens.

Considérée désormais comme boussole de la cure, la psychanalyse s’adosse au sinthome, au plus singulier de chacun. La racine du symptôme est la réitération inextinguible du même Un (réel, c’est dire un vide (à combler) hors sens du symptôme). « Le symptôme, dit Lacan, c’est Un et cætera… ». L’analyse vise alors à réduire le symptôme à sa formule initiale : la rencontre d’un signifiant et du corps ; le choc de Lalangue sur le corps. Si on passe par la dialectique du désir pour réduire le symptôme, il faut savoir se défaire des mirages de vérité que ce déchiffrage apporte, et viser au-delà : la fixité de la jouissance, l’opacité du réel… Peste !

(Extrait de « Le tout dernier enseignement de Lacan »
J. Godebski, L’Harmattan 2015)

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« Le tout dernier enseignement de Lacan »

Des vidéos prises sur le vif des ateliers et conférences sont disponibles sur la chaîne :  Jean Godebski – You Tube

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