Seul peut-être … Mais peinard !

« Seul peut-être … Mais peinard » est la quatrième partie de la conférence « Passions et solitude… », après « Un abandonnique … Corbleu ! », « Structure abandonnique… Un fantasme ? » et « Abandonniques… Mais pas trop ! ». Nous reprenons ici l’impossibilité de traverser le ravage pour une fille, de tuer le père pour le garçon… Le For Da revisité… Le transgénérationnel qui est peut être au final cause de tout… Les passions à répétitions et cette conclusion, inévitable ( ?) : Seul peut-être mais peinard… Saperlotte.

Seul-peinard-abandonnique-godebski-psychanalyste-nimes-gard
.    Matisse : La chute d Icare

Évidemment pour une jeune fille dont le père est « défaillant », abandonnant, trahissant (« Tu es la plus grosse erreur de ma vie… Et je ne suis même pas sûr d’être ton père !» (sic)), ou pour une jeune garçon dont la mère s’est volatilisée, il n’est pas question d’admettre la castration (Si mon parent manquant était là (s’il acceptait mon amour… vertuchou), ce serait le bonheur !). Comment se défusionner de sa mère ? Comment se séparer du parent « sauveur » ? Bien sûr beaucoup de scénarios sont possibles et « décompenser » (fichtre) dans sa structure abandonnique peut mettre plusieurs années… Néanmoins renoncer à la passion impossible (la complétude), traverser son ravage pour une jeune femme ou « tuer son père » pour un jeune homme devient singulièrement difficile.

L’image du For Da, le célèbre jeu analysé par Freud, où l’enfant en faisant disparaître et réapparaître une bobine, joue avec l’idée de l’absence/présence de sa mère, peut ici être détournée… Comme si l’enfant lançait sa bobine (acceptant l’absence de sa mère) puis tirant sur le fil qui revient coupé… La bobine comme sa mère ayant définitivement disparue ! Comment dans ce cas accepter de « s’éloigner » du parent restant ?

Françoise Dolto affirmait que là où il y a des mots, il n’y a pas de trauma. Le Réel traumatique dirait Lacan est toujours absence de mots… D’où l’importance, dès qu’il y a un accident, une catastrophe, des services de psychologues post-traumatiques… Le Réel est ainsi « intégré » dans le symbolique. A contrario, nous pouvons comprendre ainsi le transgénérationnel, c’est à dire des parents abandonniques qui « fabriquent » des enfants abandonniques. Un exemple fréquent : le nourrisson part à l’hôpital, les parents, parce qu’ils ont eux même un trait abandonnique, sont sidérés… Ils trouvent ça « Trop » ! Ils ne peuvent parler la situation à leur bébé, qui du coup est sidéré à son tour, et refoule ce sentiment panique d’abandon… Et le tour est joué si je puis dire… Damned.

Ce qui n’est pas le moins surprenant des structures psychiques, c’est qu’elles peuvent « apparaître » très tard. L’exemple le plus marquant est la schizophrénie qui s’affirme en général vers 20 ans (le patient qui jusque là était comme « vous et moi » entrait alors en hôpital psychiatrique et… N’en ressortait jamais peste !). Ainsi la structure névrose symptômes abandonniques peut s’affirmer après 20 ans de couple… Tout à coup le Nom du Père (la Père version ou les Noms du Père… Les sens donnés à la vie par votre famille, votre milieux, votre religion, votre pays…) s’écroule, et votre jouissance singulière s’impose : qu’est-ce qui est important pour moi ? Ici, bien évidemment, la passion… Vertuchou.

De passion en passion, d’abandon en abandon, l’abandonnique se lasse de toujours butter sur la même peur, la même souffrance… La même jouissance « débordante ». La compulsion de répétition chère à Freud est la caractéristique même du symptôme en psychanalyse, donc du trauma. Ne voulant plus souffrir, l’abandonnique renonce à cette jouissance… Le rêve fou d’une âme sœur, d’un Autre comblant, d’une passion possible (« J’aime l’amour qui va vite et qui dure longtemps » imagine Juliette Binoche dans Mauvais Sang de Leos Carax). « Seul peut-être mais peinard » comme le chantait Léo Ferré est sans doute, le destin le plus partagé en fin de compte par cette structure… Diantre.

Seul peut-être-abandonniques-conférence-psy-godebski-psychanalyste-nimes
Conférence Passions et Solitude, Nîmes 2018

« Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n’aime plus »
Léo Ferré (Extrait : « Avec le temps »)

Dans une cinquième partie, « Jouissances abandonniques » nous tenterons d’expliciter les modes de répétition d’une structure abandonnique, le pourquoi de ses ruptures amoureuses – Jouissance et imaginaire du couple… Lol.

Des vidéos prises sur le vif des ateliers et conférences sont disponibles sur la chaîne :  Jean Godebski – You Tube

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *