Le délire généralisé

Dans son premier enseignement, Jacques Lacan écrit : « N’est pas fou qui veut ». Il sépare le délire, la folie (structure psychotique ou des pans de réalité manquent) à une « normalité » (la structure névrosée qui admet le complexe d’Œdipe (l’apparition d’un tiers (le père ?) qui fait coupure !), c’est-à-dire accepte d’être un être humain singulier, séparé de sa mère, de l’Autre qui le comble… d’être manquant (Le roc de la castration).
Dans le tout dernier Lacan il n’y a pas d’accès à la réalité, au Réel. Car le Réel, le monde qui nous entoure, nos existences… N’ont pas sens ! Mais l’être humain en a besoin (les « illusions nécessaires » disait Freud), donc il crée un sens à sa vie (Dieu, le travail, la famille, l’amour, avoir de l’argent… être psychanalyste !)… Tous le monde délire ! (Lacan a pris deux exemple de délires caractérisés : Le catholicisme et son propre enseignement !).

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Les délirants Marx Brothers Continuer la lecture de « Le délire généralisé »

Le tout dernier enseignement de Lacan ?

Le tout dernier enseignement de Lacan s’appuie sur le nœud borroméen qui noue trois dimensions : Symbolique (les mots), Imaginaire (les images) et Réel. Le Réel est ce qui échappe au Symbolique et à l’Imaginaire… Hors sens, il peut être vu comme le zéro, le trou, le vide qui permet le manque, le désir…Qui permet à l’imaginaire de se déployer, se renouveler.

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Pour respecter tout le monde, on ne tient compte de personne !

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Enseigner le respect ?

On ne tient compte de personne ! A quelle heure, quel âge, à partir de combien de mois, d’années… L’institution prend-elle en compte les demandes de ses usagers ? Ecoles, hôpitaux, orphelinats… Les institutions organisent leur fonctionnement sans l’avis des personnes concernées. Dans un cadre fixe elles fonctionnent sans être perturbées par la singularité de chacun. « Pour respecter tout le monde, on ne tient compte de personne ! » telle est la devise. Continuer la lecture de « Pour respecter tout le monde, on ne tient compte de personne ! »

Dieu le père n’est plus !

« Tout ce que tu fais pour la personne sans la personne, tu le fais contre la personne » est une réflexion sur la fin annoncée du patriarcat. L’émancipation des femmes (surtout vis-à-vis de la maternité) et l’égalité des sexes (l’abandon du « père chef de famille ») inversent l’ordre de notre société fondé sur un principe millénaire : Dieu le père !
Ou son corollaire : le Père représentant de Dieu !

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Dieu le père, Michel-Ange, plafond de la chapelle Sixtine, Rome

C’est toute une vision du pouvoir représentatif qui s’effondre… Et toutes ses déclinaisons : du roi représentant de Dieu, du tyran ou président représentant du peuple, père de la nation, du député au patron représentant local ou professionnel … jusqu’au père détenteur du pouvoir familial ! Continuer la lecture de « Dieu le père n’est plus ! »

Je n’existe plus !

« Faire pour l’autre sans l’autre » est le principe d’optimisation de toutes nos institutions. En généralisant par exemple les protocoles standardisés de soins et de diagnostics, nous ne soignons plus des malades, nous traitons les maladies. Nul besoin d’entendre le patient, il suffit de lister ses symptômes… Nul besoin d’entendre un enfant, il suffit de lister ses besoins !

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Je n’existe plus !

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Maternage des institutions : Un ravage !

« Tout ce que tu fais pour la personne sans la personne, tu le fais contre la personne » est un principe et une critique du fonctionnement de la plupart de nos institutions qu’elles soient de soins, de formations, d’accueils, politiques… Ayant étudié, en situation de pratique professionnelle, plusieurs institutions (C.M.P. adultes, hôpital psychiatrique d’adolescents, I.M.E. pour personnes en situation de polyhandicap, Foyer de l’enfance…), on s’aperçoit vite que le « service rendu » est au prix d’un maternage engloutissant, ce que Jacques Lacan a pu appeler un ravage !

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Masaccio, Vierge à l’Enfant ou Vierge de la chatouille, Florence

Le trait commun de ces institutions, c’est l’absence d’écoute des usagers selon le principe « Pour respecter tout le monde, on ne tient compte de personne ! ». Gratuit, infantilisant, sur-handicapant… « Chosifier » l’autre, contester la singularité de ses désirs, n’est-ce pas chosifier l’institution elle-même, empêcher toute rencontre… Finalement se nier soi-même ?

Des vidéos prises sur le vif des ateliers et conférences sont disponibles sur la chaîne :  Jean Godebski – You Tube