Les ateliers du Club de La Borde

À La Borde, le terme ateliers englobe, les activités artistiques, ludiques et corporelles, mais aussi les activités du quotidien, du ménage à la cuisine, aux présences dans les infirmeries. Chaque être humain est considéré comme un être singulier, et social, surtout s’il est désocialisé. Ces deux dimensions sont prises en compte dans le traitement. Car plus l’être humain souffre, plus il se renferme, sa maladie le coupe d’autrui et de la réalité. D’où l’importance du Club, de ses ateliers, de ses réunions, qui sont autant de lieux de rencontre… Rencontre avec une matière, une technique, d’autres personnes, étayée par la liberté de circulation; circulation d’un lieu à l’autre – inverse de l’errance – favorisant la circulation de la parole.

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Le Club thérapeutique de La Borde

« Lorsque des psychiatres, quelques années après la libération, ont proposé la création de Clubs de pensionnaires au sein des hôpitaux psychiatriques, cela a été comme une petite révolution : les malades mentaux, les fous pouvaient enfin acquérir une personnalité juridique collective. La création des Clubs a été une sorte de déclaration d’indépendance. Un nouvel interlocuteur s’interposait entre l’Administration, les infirmiers et le pouvoir médical. »
(F. Guattari, 1973, Le Club)

La clinique de La Borde est d’abord une Association 1901 où il ne s’agit plus d’être soigné ou soignant, mais avant tout « membre d’un Club ». Ce Club en question gère une quarantaine d’ateliers qui vont des plus classiques comme la peinture ou la poterie jusqu’à l’équitation ou le bar en passant par des ateliers de gestion même des affaires du Club. Ce Club s’articule avec des structures qui interagissent avec lui.

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La Clinique de La Borde

« Résistez à tout ce qui est concentrationnaire » (J. Oury, 1989).

En 1953, J. Oury ouvre la clinique de La Borde, un « groupe thérapeutique » au modèle d’organisation inspirée des expériences de F. Tosquelles à Saint Alban. Lutte contre l’aliénation sociale et mentale, le premier travail de désaliénation concerne l’outil thérapeutique : rotation des tâches, diversification des fonctions où soins et écoute sont l’apanage de tous. En effet, tout le personnel, du médecin au cuisinier, est formé à accueillir la parole du patient, et à y faire face par lui-même, complétant la prise en charge individuelle, singulière, par une personne fixe.

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La Psychothérapie institutionnelle ou l’exigence de la transversalité

« Je pense qu’il nous faut particulièrement insister sur ces faits : que nous sommes des psychothérapeutes et non des zoologistes ; que nous avons à faire à des hommes, malades ou non, donc à des êtres qui se distinguent des animaux parce qu’ils sont doués de la parole ; que cette parole est notre instrument de travail, du fait même qu’elle nous constitue foncièrement et nous situe dans le monde. » J. Oury (www.laborde)

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié des patients hospitalisés dans les hôpitaux psychiatriques français (40 000) sont morts de faim ou de privations. Des psychiatres (F. Tosquelles, L. Bonnafé, G. Daumézon, P. Koechlin, J. Oury…) vont repenser la psychiatrie. Il s’agit d’utiliser la vie en communauté pour aider les malades à renouer des liens sociaux et retrouver le «contact vital avec la réalité». Ils proposent la psychothérapie institutionnelle comme méthode d’analyse et de traitement du milieu psychiatrique.

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Jeux Lacaniens : L’objet a ?

Qu’est-ce, pour vous, l’objet a ?

Bonjour… Pouvez vous me laisser en commentaire ou message privé (sur ma page Facebook), en deux trois phrases : Qu’est-ce que pour vous « l’objet a » ?

Entre paroles d’initiés et vulgarisations sauvages, le malentendu prospère… Evidemment ! Quelques commentaires sur les réseaux sociaux suffisent à comprendre l’étendu de l’incompréhension mutuelle… Et sa fonction essentielle… Peste ! Le langage est, lui aussi, toujours manquant… Et c’est pour cela que nous parlons sans cesse… Saperlotte !

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Jacques Lacan : D’un discours…

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Psychothérapie et Psychanalyse ?

Psychothérapie individuelle d’adulte ou d’adolescent, thérapie familiale, de couples, dessins d’enfant ou analyse des pratiques professionnelles… Différentes thérapies brèves ou analytiques sont employées selon la demande et les besoins.
Une psychothérapie sera plus ponctuelle (quelques séances) pour aborder et dépasser des difficultés repérées. Elle se déroule en face à face avec une présence et une interaction du psychothérapeute plus marquées.

Janus, dieu des passages, des commencements et du temps
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Les nymphéas de Claude Monet

Les nymphéas de Claude Monet (à voir et à revoir à L’Orangerie à Paris) sont l’image même des trois dimensions de la clinique Borroméenne de Jacques Lacan… Une image impossible bien sûr puisque le Réel, par définition, n’a pas d’image !
Claude Monet peint la surface de l’eau (qui peut représenter, imager le symbolique, c’est-à-dire le philtre des mots…) au travers de laquelle nous percevons le fond de l’étang (le Réel recouvert bien sûr par le symbolique, c’est-à-dire le monde recouvert par les mots…) mais cette surface reflète aussi le ciel (l’Imaginaire). Évidemment ces trois plans, trois dimensions, ne sont pas étagés (en bas, en haut et au milieu) mais au contraire inextricablement mêlés… Avec de multiples raccords, trous, fusions…

Les Nymphéas
Les nymphéas – Claude Monet Continuer la lecture de « Les nymphéas de Claude Monet »

La jouissance

Un traumatisme c’est ce que nous répétons sans cesse (Le langage par exemple est un traumatisme. Nous parlons sans cesse ! Pourquoi ?). Pourquoi répétons-nous les mêmes échecs, les mêmes histoires bancales, les mêmes maux… Parce que cela nous fait jouir ! Il faut entendre jouir ici, en psychanalyse, en positif comme en négatif : ce qui nous impacte, ce qui, pour nous, est important, nous fait vibrer (un chagrin d’amour en est l’exemple type). Nous répétons sans cesse car notre inconscient choisit la jouissance même douloureuse (même mortelle !) : tout plutôt que le vide, le « ça n’a aucun sens », le trou du Réel.

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© Géraldine Georges/ Colagene pour Philosophie Magazine Continuer la lecture de « La jouissance »

Le délire généralisé

Dans son premier enseignement, Jacques Lacan écrit : « N’est pas fou qui veut ». Il sépare le délire, la folie (structure psychotique ou des pans de réalité manquent) à une « normalité » (la structure névrosée qui admet le complexe d’Œdipe (l’apparition d’un tiers (le père ?) qui fait coupure !), c’est-à-dire accepte d’être un être humain singulier, séparé de sa mère, de l’Autre qui le comble… d’être manquant (Le roc de la castration).
Dans le tout dernier Lacan il n’y a pas d’accès à la réalité, au Réel. Car le Réel, le monde qui nous entoure, nos existences… N’ont pas sens ! Mais l’être humain en a besoin (les « illusions nécessaires » disait Freud), donc il crée un sens à sa vie (Dieu, le travail, la famille, l’amour, avoir de l’argent… être psychanalyste !)… Tous le monde délire ! (Lacan a pris deux exemple de délires caractérisés : Le catholicisme et son propre enseignement !).

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Les délirants Marx Brothers Continuer la lecture de « Le délire généralisé »

Le tout dernier enseignement de Lacan ?

Le tout dernier enseignement de Lacan s’appuie sur le nœud borroméen qui noue trois dimensions : Symbolique (les mots), Imaginaire (les images) et Réel. Le Réel est ce qui échappe au Symbolique et à l’Imaginaire… Hors sens, il peut être vu comme le zéro, le trou, le vide qui permet le manque, le désir…Qui permet à l’imaginaire de se déployer, se renouveler.

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