Lacan … La jouissance

Lacan avait distingué la jouissance phallique (ou œdipienne, reliée à l’Autre et à l’interdit) et la jouissance féminine (jouissance du corps, réelle, hors-sens). La jouissance non œdipienne n’est pas dialectisée, contrairement à la jouissance œdipienne qui doit d’abord être frustrée, refusée (d’où l’importance de la loi, de l’interdit comme déclencheur de jouissance… Lacan avait fait un parallèle entre jouissance et péché dans les textes mystiques !). J.-A. Miller généralise la jouissance féminine à tout parlêtre. Ce n’est pas évident de se la représenter car, par définition, elle est irreprésentable. Ce qui est à cerner c’est l’au-delà du père, de l’interdit, de la loi… L’au-delà du langage !

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La jouissance au-delà du langage…

Le désir donne un sens. Il est un semblant de libido, son mensonge mental. La jouissance elle, est le réel de la libido, produit hasardeux de la rencontre d’un corps et du langage. Cette rencontre marque le corps d’un vide, d’un non-sens, d’un trou inoubliable (« l’objet a » cause du désir), que nous appelons évènement de corps (ce dont nous nous plaignons sans cesse, nos symptômes). C’est un avènement de jouissance qui jamais ne s’éteint. La jouissance, satisfaction de la pulsion, chevillée au corps, est foncièrement auto-érotique. Elle n’a nullement besoin de l’Autre.

Le corps ne parle pas, il jouit en silence. Mais c’est avec le corps, à partir de cette jouissance fixée, que l’on parle. Elle n’est pas là d’emblée, mais surgit de l‘articulation du langage. Si le corps n’a pas le langage, il meurt. La jouissance doit tenir au corps pour lui conférer un certain vouloir vivre.

Le sinthome maintient à tout prix la jouissance, fut-elle réduite à la portion congrue : que ça tienne ! La clinique du sinthome est celle du corps qui jouit trop ou trop peu ! Cette nouvelle pratique de la psychanalyse consiste à mettre à distance la parole et le sens (le symbolique source de jouissance traité par la psychanalyse classique) pour une opération qui cerne l’irréductible qu’aucun sens, aucun mot ne peut dénouer. En effet, c’est dans cette jouissance non transformable en signifiant, qui ne s’épuise pas dans les idéaux, les identifications, voire dans les objets, que réside pour chacun son irréductible différence.

(Extrait de « Le tout dernier enseignement de Lacan »
J. Godebski, L’Harmattan 2015)

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« Le tout dernier enseignement de Lacan »

Des vidéos prises sur le vif des ateliers et conférences sont disponibles sur la chaîne :  Jean Godebski – You Tube

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