La Psychothérapie institutionnelle ou l’exigence de la transversalité

« Je pense qu’il nous faut particulièrement insister sur ces faits : que nous sommes des psychothérapeutes et non des zoologistes ; que nous avons à faire à des hommes, malades ou non, donc à des êtres qui se distinguent des animaux parce qu’ils sont doués de la parole ; que cette parole est notre instrument de travail, du fait même qu’elle nous constitue foncièrement et nous situe dans le monde. » J. Oury (www.laborde)

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié des patients hospitalisés dans les hôpitaux psychiatriques français (40 000) sont morts de faim ou de privations. Des psychiatres (F. Tosquelles, L. Bonnafé, G. Daumézon, P. Koechlin, J. Oury…) vont repenser la psychiatrie. Il s’agit d’utiliser la vie en communauté pour aider les malades à renouer des liens sociaux et retrouver le «contact vital avec la réalité». Ils proposent la psychothérapie institutionnelle comme méthode d’analyse et de traitement du milieu psychiatrique.

La psychothérapie institutionnelle place le sujet « malade mental » au centre du processus de sa guérison, et la relation transférentielle comme levier du dispositif de soin. L’hospitalisation du sujet psychotique est le premier temps de sa socialisation. Elle le sort de son isolement physique et psychique. Les conditions de vie qu’offre l’institution doivent pour cela s’adapter à sa singularité et assurer une garantie de durée. Détruire les murs, ouvrir les grilles, supprimer les uniformes… La rigidité des statuts implique une chronicité des patients. L’institution est un vaste divan où les différentes réunions et activités ergo-thérapeutiques jouent le rôle d’analyseurs des phénomènes de transfert et de contre-transfert institutionnels. L’analyse institutionnelle est donc au cœur du dispositif de soin : Il faut « soigner les soignants ». La psychothérapie institutionnelle est un mouvement, non un « état constitué ». Elle crée un champ psychopathologique collectif des pratiques et des concepts, pour une prise en charge des psychoses. Elle défend la nécessité d’une institution, seule capable d’accueillir les multiples éclats du sujet psychotique, une « constellation transférentielle » (J. Oury, 1989) sur laquelle celui-ci peut s’appuyer pour retrouver sa propre consistance.

(Extraits de « Tout ce que tu fais pour la personne sans la personne,
tu le fais contre la personne » J. Godebski, L’Harmattan 2015)

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Direction La Borde

Des vidéos prises sur le vif des ateliers et conférences sont disponibles sur la chaîne :  Jean Godebski – You Tube

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