Cycle de trois conférences : La mère suffisamment bonne… mais pas trop !?

Janvier 2018 à Nîmes au Petit Théâtre de la Placette –

Notre relation maternelle, précoce, exclusive, structure-t-elle notre psychisme, nos traumatismes, nos fantasmes ? Et au-delà l’organisation même de nos sociétés ? Freud y voyait naître notre pulsion de mort, de haine. Et finalement tous le travail de psychanalyse ne vise-t-il pas à créer un écart entre l’enfant et sa mère… Une autonomie ? Qu’en est-il en Occident avec la fin du Patriarcat ?

Jeudi 11 janvier à 19h30 : La mère suffisamment bonne…

Jeudi 18 Janvier à 19h30 : La relation mère fille : un ravage ?

Jeudi 25 Janvier à 19h30 : Mère fils : une relation impensable ?

Gustav Klimt Mère à l'enfant conference jean godebski
Gustav Klimt Mère à l’enfant

Mère fils : une relation impensable ?

Jeudi 25 Janvier à 19h30 au Petit Théâtre de la Placette, Nîmes –

La non séparation d’un fils de sa mère est la marque même de la folie (schizophrénie). Et pourtant, les relations mères fils restent un tabou contemporain… Pas d’inceste ! Pas de réflexion ! Pas de relation ! Elles ne sont abordées que par la fonction paternelle, la fonction tiers qui les sépare. Cette difficile séparation d’une mère et son fils, impensable et impensée, n’est-elle pas l’allié le plus sûr de l’oppression des hommes sur les femmes et du patriarcat ? N’est-elle pas la cause même de l’agressivité des hommes envers les femmes, envers la différence, envers l’Autre ?
Nous en débattrons en janvier 2018 à Nîmes…  Avec son corollaire : Les relations mères filles, un ravage ?

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Peinture François Godebski

Les relations mère fille, un ravage ?

Jeudi 18 Janvier à 19h30 au Petit Théâtre de la Placette, Nîmes –

Les relations mère fille, un ravage ? Une « catastrophe » pour Freud, un « ravage » pour Lacan… Comment comprendre la spécificité des relations mère fille ? Entendre l’amour de la Mère et la haine de l’Autre… de la Femme en particulier ? Au-delà de l’ambivalence, nous essayerons de percer le mystère narcissique, parcours singulier d’une fillette devenue femme et peut être mère… par et au-delà de sa propre mère ! Au plaisir de nous y re-confronter, dès janvier 2018, à Nîmes… Avec son corollaire : Les relations mère fils ; une impensable séparation ?

Picasso Mère enfant conference jean godebski
Picasso Mère enfant

La mère suffisamment bonne…

Jeudi 11 janvier à 19h30  au Petit Théâtre de la Placette, Nîmes –

Avec le complexe d’Œdipe et de Castration, Freud plaçait la séparation mère-enfant au centre de la psychanalyse… D‘une possible autonomie psychique. A sa suite, Mélanie Klein, Donald Winnicott et surtout John Bowlby (théorie de l’attachement) faisait de la relation maternelle l’architecte même de nos structures psychiques. Corps à corps précoce, exclusif, refoulé, lieu de tous les fantasmes et des plus sévères traumatismes (pulsion de mort!)… Que peut-on en dire à l’heure où s’efface le patriarcat ?

Margarita Sikorskaia Image of a Mother conference jean godebski
Margarita Sikorskaia Image of a Mother 

Parlons Psy, émission radio

« Parlons Psy » émission radio du 18 juin 2015
De Abram Coen avec Jean Godebski Psychanalyste à propos de son ouvrage : « Le tout dernier enseignement de jacques Lacan, un renouvellement de la clinique ? »

« Le tout dernier enseignement de Lacan est un vaste sujet est en train de de se construire actuellement. Depuis la publication par J. A. Miller en 2005, du 23ème Séminaire de Jacques Lacan (Le Sinthome), on commence à appréhender le « Tout Dernier Lacan ». Il renouvelle complètement la psychanalyse, nous la fait penser autrement. Il apporte des éléments nouveaux, une nouvelle pratique… quelque chose de différent qui maintient en vie la psychanalyse.

Comme le Réel, nos existences n’ont aucun sens… Mais il faut bien que l’on y trouve du sens, les « illusions nécessaires » disait Freud. On veut être, par exemple, animateur de radio ou psychanalyste… On donne un sens, et si on est heureux, ça se passe bien.
On arrive sur un divan, car quoiqu’on fasse, dans toute vie : ça manque toujours ! Il n’y a pas de rapport de sexuel, pas de rapport du fusion, de complétude… Comment l’accepter ? Ce manque construit notre désir et finalement nous fait aller dans la vie… C’est quand on a du mal avec ça que l’on vient voir un psychanalyste. Comment ne pas être écrasé par ce manque mais en faire quelque chose… Comment le rendre fécond, ne pas toujours répéter mais au contraire aller vers des choses nouvelles qu’on ne connaît pas…

La psychanalyse joue avec le deuil , car c’est un deuil de ne plus croire que quelque chose (ou quelqu’un) va nous combler… Accepter pleinement le fait que le manque est une bénédiction.

La psychanalyse est une dynamique… Passer l’état de victime par exemple (c’est la faute des autres, de la crise, des immigrés, de ma femme ou de mon mari…) pour dire : j’ai quelque chose à y faire de ma vie… Je peux prendre en main mon bonheur, travailler à mon bonheur.

Le grand mot du tout dernier Lacan c’est la jouissance. Les choix que nous faisons, les répétitions que nous faisons c’est parce que cela nous fait jouir… Pour écouter, c’est par ici :

 

Psychothérapie et Psychanalyse ?

Psychothérapie individuelle d’adulte ou d’adolescent, thérapie familiale, de couples, dessins d’enfant ou analyse des pratiques professionnelles… Différentes thérapies brèves ou analytiques sont employées selon la demande et les besoins.
Une psychothérapie sera plus ponctuelle (quelques séances) pour aborder et dépasser des difficultés repérées. Elle se déroule en face à face avec une présence et une interaction du psychothérapeute plus marquées.
Une Psychanalyse peut suivre, si le patient en ressent et le besoin et le désir. Elle se déroulera plus fréquemment (mais pas obligatoirement) sur le divan. Le Psychanalyste dans une écoute active, se fera néanmoins moins intervenant, afin de laisser au patient la possibilité de déployer ses associations libres, ses silences, ses émotions…


Janus, dieu des passages, des commencements et du temps

La psychanalyse est une expérience singulière, une découverte de soi-même en profondeur… Un chemin de liberté qui permet à l’analysant de lâcher prise sur ses fantasmes et conflits internes, et de « savoir y faire » avec lui même, avec ses désirs, avec sa vie.
En découvrant une partie de son inconscient, en cernant ses désirs essentiels, le patient renoue avec la possibilité, en toute lucidité, d’un choix singulier… Une quête de sens pour son existence.

Passions et Solitude : deux symptôme d’une structure abandonnique ?

De par son trauma d’abandon, les « abandonniques » n’acceptent pas le manque de toute existence… autrement dit que l’Autre ne les comble pas, ne leur apporte tout le bonheur promis. Passionnés, ils pourraient voir leur « structure » comme une bénédiction, une façon efficace d’être vivant… Mais la passion étant toujours impossible, ils y voient plutôt une malédiction… Une répétition d’abandons puis finalement un destin solitaire (« Seul peut être mais peinard ! »), de manque et d’impuissance.
Comprendre cette structure c’est déjà ne plus être victime, et pouvoir agir sur un destin « déjà écrit »… Résorber la souffrance d’abandon, faire le deuil de la complétude, savoir y faire avec ses symptômes.
Tels sont les enjeux de cette conférence.

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Les nymphéas de Claude Monet

Les nymphéas de Claude Monet (à voir et à revoir à L’Orangerie) sont l’image même des trois dimensions de la clinique Borroméenne de Jacques Lacan… Une image impossible bien sûr puisque le Réel, par définition, n’a pas d’image !
Claude Monet peint la surface de l’eau (qui peut représenter, imager le symbolique, c’est-à-dire le philtre des mots…) au travers de laquelle nous percevons le fond de l’étang (le Réel recouvert bien sûr par le symbolique, c’est-à-dire le monde recouvert par les mots…) mais cette surface reflète aussi le ciel (l’Imaginaire). Évidemment ces trois plans, trois dimensions, ne sont pas étagés (en bas, en haut et au milieu) mais au contraire inextricablement mêlés… Avec de multiples raccords, trous, fusions…

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Les nymphéas – Claude Monet

Certes c’est impossible de peindre trois surfaces (fond, surface de l’eau, ciel) sur la même surface… Cette illusion, ce tour de force de Monet est sans doute la meilleure image possible des trois dimensions Réel, Imaginaire et Symbolique.

La jouissance

Un traumatisme c’est ce que nous répétons sans cesse (Le langage par exemple est un traumatisme. Nous parlons sans cesse ! Pourquoi ?). Pourquoi répétons-nous les mêmes échecs, les mêmes histoires bancales, les mêmes maux… Parce que cela nous fait jouir ! Il faut entendre jouir ici, en psychanalyse, en positif comme en négatif : ce qui nous impact, ce qui, pour nous, est important, nous fait vibrer (un chagrin d’amour est l’exemple type de cette jouissance). Nous répétons sans cesse car notre inconscient choisit la jouissance même douloureuse (même mortelle !) : tout plutôt que le vide, le « ça n’a aucun sens », le trou du Réel.

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© Géraldine Georges/ Colagene pour Philosophie Magazine

La clinique du « tout dernier Lacan » cherche à comprendre cette jouissance dans les trois registres de l’Humain (Symbolique (les mots, le langage) Imaginaire (le monde des images) et Réel aussi (la jouissance du corps sans mots ni image). On peut transformer sa jouissance symbolique ou imaginaire (travail classique de psychanalyse avec les mots et les rêves), mais il est très difficile de changer sa jouissance réelle, cette jouissance du corps hors sens (la sexualité par exemple !). Par des actes aussi, hors sens (hors mot ou image comme une non séance !), la clinique du « tout dernier Lacan » veut apprivoiser cette jouissance, « Savoir y faire avec »… Cette jouissance c’est la part la plus singulière de chaque être humain.

Le délire généralisé

Dans son premier enseignement, Jacques Lacan écrit : « N’est pas fou qui veut ». Il sépare la folie (structure psychotique ou des pans de réalité manquent) à une « normalité » (la structure névrosée qui admet le complexe d’Œdipe (l’apparition d’un tiers (le père ?) qui fait coupure !), c’est-à-dire accepte d’être un être humain singulier, séparé de sa mère, de l’Autre qui le comble… d’être manquant (Le roc de la castration).
Dans le tout dernier Lacan il n’y a pas d’accès à la réalité, au Réel. Car le Réel, le monde qui nous entoure, nos existences sont hors sens… Le Réel n’a pas sens. Mais l’être humain a besoin de sens (les « illusions nécessaires » disait Freud), donc il crée un sens à sa vie (Dieu, le travail, la famille, l’amour, avoir de l’argent… être psychanalyste !) : Il délire ! (Lacan a pris deux exemple de délires caractérisés : Le catholicisme et son propre enseignement !).

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Les délirants Marx Brothers

Il n’y a donc plus de séparation nette entre psychose et névrose puisque tous travestissent le Réel… C’est une clinique continuiste où il existe une multitude de structure (de la schizophrénie en passant par la perversion, jusqu’à l’Obsessionnel (plutôt les hommes) et l’Hystérie (plutôt les femmes)… Mais aussi la structure Abandonnique sur laquelle je travaille actuellement ou la « psychose ordinaire »).
Chacun, pour tromper le manque structurel, incomblable de toute existence, doit trouver, choisir le sens qu’il veut donner à sa vie (du Nirvana (rien ne manque) au capitalisme (j’achète ce qui manque !).